… l’aube se bouchait de nuages en grappes d’argent plaqué, mendiant quelques heures encore, quelques parures géantes et colorées, je remuais sous les à-coups, mais il était trop tard, la plaie, un cri déchirait le lit, émerger de cette boue de sang, la seule façon de tout arranger, tu me disais : « pourquoi pas ? », on ne pouvait plus, on n’avait jamais su…

… le temps réformait déjà ces souvenirs, respectueux de notre désir, il peignait les flammes en rose, en bleu, l’attente déformait tout sous l’avenir, te forçait à devenir la grande âme honnie, mon attitude figée t’affligeait, réfugiée refusant d’agir, inventant une flemme morose, tu me disais : « je ne t’aime plus », on se taisait, on avait toujours su…

… la nuit vivait, la vie lavait l’ennui, les jours passaient, tu avais assez d’humour pour apaiser l’humeur des jours épais, quand je voulais éparpiller au vent dangereux les os brisés de ma mère morte, rebaptiser l’horizon à ton nom, repeindre l’or et la déraison à tes couleurs, tu me disais alors : «  je le sais », on recommençait, on avait toujours pu…

… la mer brûlée s’évaporait, l’air de rien, enivrée d’un trop plein de lumière, restait le sel pour rougir au feu de l’hiver, au feu de ton regard, aux braises de ton fou rire, pas un seul corps dans le décor, pas un seul coup, tôt ou tard, parties, les plaies se rouvriraient, mais tu me disais encore : « je veux la vie », on s’embrassait, on l’avait toujours eu…

… le ciel brillait dans ton coin, inondé de soleil bleu, les nuages de mousse filaient en douce sur les foins, les étoiles de terre pleuraient l’air vicié, le vert de la mer nous ouvrait les corps, la voie du vertige, l’été glacé n’en finissait pas de nous lasser, tu laissais ma main dans tes pas, tu me disais : « je te crois », on s’enlaçait, on y avait toujours cru…

… les champs sont blonds, les champs sont gais, on fait le tri, on fait les fous, triompher sans loi ni foi, ce n’est pas nous, c’est pas du jeu, alors on refait les cris, on s’en fout, critiques et méfaits peuvent s’en faire puisqu’on est jeunes, on s’aime, on l’écrit, ça me fait encore de l’effet, tu me dis : « je te suis », on s’efface, on volera toujours mieux…

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